Challenge AZ – X comme XXL

Telle est la taille de la liste des prévenus lue dans le tribunal de Namur en ce 17 août 1847 : rien que pour la province de Namur (BEL), pas moins de 45 personnes furent donc interpellées à la suite des faits rapportés dans l’article du 6 juin dernier,  F comme Famine ,et jugées par la Cour d’Assises. Elles furent séparées en deux groupes (3 et 42)  pour ce qui concerne les charges qui étaient retenues contre elles.

Ce jour-là, tous les témoins étaient partis de bon matin, en bande, pour aller prendre le train de Namur en gare de Couillet (la ligne Walcourt – Charleroi ne sera ouverte que deux ans plus tard).justice Tours La salle était bondée.

Après l’annonce de l’acquittement des 3 inculpés principaux : Gaspard Désiré Dubois 32 ans, menuisier de Berzée, Jean Joseph Deliant, 33 ans, de Berzée et Basile Joseph Wiriaux, 38 ans cabaretier de Gourdinne, il s’ensuivit le verdict de la quarantaine des personnes qui participaient à la « collecte » des céréales et que les forces de l’ordre étaient parvenues à identifier. C’est ici que nous retrouvons les sept Canivet du village de Berzée (lignée 182) dont nous avons déjà parlé prédécemment. Le père Auguste et trois de ses fils, Norbert, Alexis et Eloi. Après une petite recherche aux archives de Namur, il s’avère que ladite Vénérande jean Lallemand était née EmilieVénérante Canivet le 03 septembre 1820, fille de Jean Joseph et de Marie Marguerite Valentin. Lorsqu’elle se marie en 1850 avec Charles Delmarche, il n’est nullement question d’un précédent mariage avec Jean Lallemand. Elle n’est d’ailleurs pas citée comme épouse. Pour l’heure en 1847, Elle est l’aînée de 4 filles et d’un petit frère qui n’avait que 10 ans au décès de leur mère en 1841. Leur père est toujours vivant mais il n’a pas participé aux faits. Il est le jeune frère d’Auguste sus-dit et conscrit comme lui pendant les guerres napoléoniennes. Emilie a donc représenté sa famille aux côté de ses cousins germains et de son oncle. Restent Constant ALexandre et Hubert Joseph à situer. Ils font également partie de la lignée 182. Leur père, Ambroise (°1784 Berzée), est un cousin germain dudit Auguste(1788-1860 Berzée). Tout ce petit monde a donc un couple d’aïeuls commun : André Canivet (1715-1789 Berzée) et Isabelle Siméon.

Mais écoutons le prononcé :

« Vu la Déclaration du jurÿ portant : que

  • 1° Marguerite Joseph Bastin dite Guerite femme Gauthier, domiciliée à Berzée ;
  • 2° Joseph Berton scieur de long, domicilié à Berzée ;
  • Alexis Canivet, laveur de mines, domicilié à Berzée ;

    4° Eloi Joseph Canivet dit Mouchon, ouvrier-mineur, domicilié à Berzée ;

    5° Emilie Vénérande Canivet, dite Vénérande Jean Lallemand, journalière, domiciliée à Berzée ;

    6° Constant Alexandre Canivet, ouvrier-mineur, domicilié à Berzée ;

    7° Hubert Joseph Canivet, journalier, domicilié à Berzée ;

    8° Norbert Canivet, ouvrier-mineur, domicilié à Berzée ;

    9° Auguste Canivet, journalier à Berzée ;

  • 10° Pierre Joseph Cogniaux, cloutier, à Cour-sur-Heure ;
  • 11° Benoît Joseph Delcroix, journalier à Gourdinne ;
  • 12° Anastis Deliant épouse Coulon, ménagère à Berzée ;
  • 13° Eloi Joseph Delmarche, dit Tintin, ouvrier-mineur à Berzée ;
  • 14° Marie Delmarche épouse Jacques, ménagère à Berzée ;
  • 15° Catherine Demoulin dite Tège, ménagère à Cour-sur-Heure ;
  • 16° Célestin Demoulin, laveur de mines à Cour-sur-Heure ;
  • 17° Alexandre Joseph Forthomme, laveur de mines à Berzée ;
  • 18° Alphonse François, ouvrier de fourneau à Berzée ;
  • 19° Alexandre Hanzenne, journalier à Berzée ;
  • 20° François Hanzenne, journalier à Berzée ;
  • 21° Marie Thérèse Caroline Navaux épouse Antoine Piret, ménagère à Gourdinne ;
  • 22° François Labillois, dit Demareie, cloutier à Cour-sur-Heure ;
  • 23° Godfroid Marche, dit God, ouvrier mineur à Berzée ;
  • 24° Augustin Masset, journalier à Berzée ;
  • 25° Ferdinand joseph Hubert Masset, ouvrier mineur à Berzée ;
  • 26° Alexandre Joseph Masset, dit Nivette, cabaretier à Berzée ;
  • 27° Clémence Joseph Meunier, journalier à Berzée ;
  • 28° Jean Joseph Meurdinelhs, dit Mulus et Cécile, ouvrier-mineur à Berzée ;
  • 29° Charles Joseph Noël, ouvrier-mineur à Berzée ;
  • 30° Nicolas Joseph Pimparet, ouvrier-mineur à Berzée ;
  • 31° Léopold Pimparet, ouvrier-mineur à Berzée ;
  • 32° Michel Piron, journalier domicilié à Thy-le-Château ;
  • 33° Augustin Quertinmont dit Feron, ouvrier-mineur à Berzée ;
  • 34° Xavier Joseph Robert, dit Marchaux, extracteur de mines à Berzée ;
  • 35° Augustin Rousselet, journalier à Berzée ;
  • 36° Florimond Sappart, ouvrier mineur à Berzée ;
  • 37° Florentin Tassin, dit Tautin, ouvrier de fourneau à Berzée ;
  • 38° Désiré Tassier, maçon à Ham-sur-Heure ;
  • 39° Désiré Joseph Thiriaux, journalier à Gourdinne ;
  • 40° Nicolas Joseph Verlÿ, dit Jules, fourneleur à Thy-le-Château ;
  • 41° Modeste Joseph Yernaux dit Coriën Cultivateur à Berzée ;
  • 42° Florentine Everard femme Yernaux, ménagère à Berzée ;

ne sont pas coupables d’avoir, le dix mars dernier dans les communes de Berzée, Rognée, Castillon-Mertenne et Thy-le-Château dans les maisons habitées par Noël Joseph Bodart, Nicolas Lebrun, Alexandre Hubert, François Hubert, Florent Hubert, Henri-Isidore Martin, Etienne Mélard, Augustin Noël, Joseph Leroy, françois Haverland, Amélie Goblet, et par les frères Denis, en réunion ou bande, avec d’autres individus demeurés inconnus, et à force ouverte, commis le pillage des grains ou denrées, reposant dans ces maisons et appartenant aux mêmes Noël joseph Bodart, Nicolas Lebrun, Alexandre Hubert, François Hubert, Florent Hubert, Henri-Isidore martin, Etienne Mélard, Augustin Noël, Joseph Leroy, François Haverland, Amélie Goblet et aux frères Denis, ni au moins d’être complices de ces crimes, pour avoir, avec connaissance, assisté l’auteur ou les auteurs, dans les faits qui les ont facilités, préparés ou conformés.

Déclarons en vertu des pouvoirs qui nous sont délégués par l’article 358 du Code d’instruction Criminelle, que tous les prénommés sont acquittés des dites accusations.

Ordonnons qu’ils soient mis sur le champ en liberté s’ils ne sont retenus pour autre Cause.

Fait au Palais de Justice à Namur, le dix-sept août 1840 sept. » (1)

Manifestement la cour a tenu compte du contexte social de l’infraction et a rend un verdict clément envers nos Canivet et leurs comparses.

Auteur : pli GFC

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(1)  Archives de l’Etat, Namur. d’après le blog «  Les lignes de l’entre Sambre et Meuse » (auteur Bob)

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